Dédicace à CORA Arcueil 1 octobre 2016

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Une reprise tout en beauté !

J’arrive à 10h45, Christophe a essayé à deux reprises de me joindre, des clients m’ont réclamée à l’accueil m’annonce-t-il quand il vient me chercher à la sécurité.

Voilà qui augure d’une bonne journée, me dis-je en m’installant à ma table joliment décorée. J’aime ce magasin, on s’y sent vraiment attendu, tout est prêt ; la charmante collègue de Christophe, Amalia, me confie qu’il est arrivé plus tôt pour s’assurer que tout serait bien en ordre pour ma venue.

Je n’ai pas fini de déballer mes livres que devant moi se tient Daniel, que je reconnais, il m’avait acheté le Grain de Riz dans ce Cora l’année passée ; c’était lui qui m’        avait demandée à l’accueil, il est allé boire un café en attendant que j’arrive. Non il n’avait pas de courses à faire, il est venu spécialement pour moi – comme quoi ça sert la communication, il avait reçu mon mail qui indiquait mon événement. Il est reparti avec le Grain de VieS.

A côté de moi, une montagne de valises en promo, cela attire du monde, elles partent vite. Régulièrement il y en a qui dégringolent, j’aide les clients à les remettre en place, cela aussi ça aide à créer le contact :

- Vous présentez quoi vous ?

- Mes livres, je peux vous en parler ?

- Oui pourquoi pas !

Et hop on échange, et hop on s’intéresse, et hop on prend !

La matinée s’étire vraiment agréablement et efficacement, à 13h je sors du magasin pour aller au snack d’en face manger un croque-monsieur salade ; il était délicieux, je l’ai dit au serveur à qui cela a fait très plaisir… il m’a offert mon café. Encore une leçon à retenir : ne soyez pas avares de paroles aimables qui ne vous coûtent rien, cela vous rapportera beaucoup. Cela fonctionne partout.

Je retourne à ma place, où Amalia est en train de faire patienter deux personnes. Quel bonheur ! C’est reparti pour un après-midi enchanteur.

Comme toujours des belles rencontres ou anecdotiques, en voici trois :

  1. Pendant que je signais un livre, un monsieur attendait légèrement en retrait, et dès que la personne est partie il s’est mis devant moi et m’a dit :

- je voudrais vous prendre un livre.

- Avec plaisir monsieur, lequel désirez-vous ?

- C’est vous qui décidez, choisissez pour moi.

C’est quand même ex-trê-me-ment rare (pour les auteurs pas connus s’entend) de vendre un livre sans avoir à faire le moindre effort de présentation ; s’en est donc suivi un échange fait de questions de ma part, et de réponses plutôt curieuses de sa part… il m’a dit qu’il voyait une aura au-dessus de moi, quelque chose qui l’attirait de façon indescriptible, et que ce que je dégageais lui disait qu’il fallait qu’il agisse pour me plaire, parce que cela ne pourrait que lui apporter du bon en retour. Cet échange fait curieusement réfléchir.

Pendant que je signais le Grain de Riz pour Jacky, il m’a tendu aussi la requête. Puis une fois qu’il a eu les deux livres dans les bras il a eu un autre comportement surprenant qu’on ne rencontre une seule fois dans sa vie à mon avis :

-  Et si je vous donnais de l’argent là tout de suite

- Pardon ?

- J’ai envie de vous donner de l’argent

- Dans ces cas-là, prenez plutôt les deux autres livres

Il m’a souri, a ouvert son porte-monnaie et m’a déposé un billet sur la table puis s’est éloigné rapidement. Je n’allais quand même pas lui courir après pour le lui rendre.

C’est pas un moment magique ça ?

2. Une femme regarde longuement les quatre livres, les retourne un par un pour voir le prix, et déclare qu’elle n’a pas assez pour en prendre un. Elle revient quelques minutes avec une main pleine de pièces, en me disant fièrement « finalement j’ai assez ». je lui dis alors que c’est en caisse qu’il faut payer, elle est d’accord et me demande de lui parler un peu plus longuement du grain de riz ; une fois fait, elle le regarde sous tous les angles, l’ouvre, le parcourt, le retourne, le repose. « J’ai changé d’avis » me dit-elle en s’éloignant avec un grand sourire.

Zénitude attitude !!!

3. Puis-je vous présenter mes livres ? Je demande à un couple qui passe tout près de moi.

Non merci, les africains n’aiment pas lire, me répond l’homme.

Ni une ni deux je me lève et me tiens devant lui, pour lui raconter que je sais qu’ils aiment lire, que j’y ai vécu 15 ans et qu’il ne faut pas me la faire !

S’engage une conversation animée avec le monsieur, nous rigolons, c’est tout juste si je ne reprends pas l’accent ! Je lui vante la requête et la magie envoutante qu’elle dégage, il interpelle sa femme qui détourne la tête, semblant soudain montrer un intérêt considérable aux valises. Visiblement elle n’apprécie pas que son mari plaisante avec moi. De mon côté j’insiste : « Vous voulez la preuve que les Africains aiment lire ? » Et là je lui montre dans mon book la photo prise en septembre 2014, au Salon du Gabon, en compagnie de l’Ambassadeur. Ouvrant grands les yeux il s’exclame « Chérie chérie viens voir ça »… Mais Chérie a disparu, il m’abandonne donc pour aller la retrouver ; j’espère qu’il n’a pas passé un mauvais quart d’heure, moi en tout cas j’ai passé un moment rigolo.

Voilà, la journée fut un grand moment, comme je les aime, une reprise boostante et revigorante. Il me reste à remercier tous mes nouveaux lecteurs et lectrices, et en dehors de ceux dont j’ai parlé ici je nommerai entre autres Malika qui lira des extraits de la requête à ses élèves de 6ème, Lucy qui fera de la lecture à voix haute à son amie mal voyante Rosabel, Mélanie rencontrée dans ce Cora l’année dernière et revenue avec sa fille Lucie qui a terminé la requête la veille ; vous avez oublié le Grain de Riz Mél et Lucie !

Je termine sur cette petite anecdote : moi aussi j’ai acheté une valise ! j’ai remplacé ma fidèle accompagnatrice qui menaçait de me lâcher.

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