Son histoire

Juin 2009 - Décembre 2009

 

Mon premier roman, "Le grain de riz", a vu le jour en décembre 2009. J'ai mis 6 mois pour l'écrire, j'avais alors accompli mon challenge. En effet, j'avais annoncé à ma famille que j'écrivais un livre alors que je n'avais rempli qu'une page A4.

En moins de trois ans, son envol est plus qu'appréciable, après un parcours semé de difficultés et de mésaventures que je vous laisse découvrir ci-dessous...

 

 

 

 

 

L'affaire Coaching Littéraire

Une fois achevé, la longue et difficile recherche d'une Maison d'Edition a commencé: le chemin est peuplé d'embûches et d'autres obstacles se présentant sous la forme de propositions alléchantes... Et entre les nombreux éditeurs à compte d'auteurs qui vous proposent un contrat moyenant la modique somme de (environ) 3000 euros, et les vautours de "Coachs littéraires" qui sont à l'affût pour vous soutirer de l'argent aussi en échange de leur aide - qui s'avère nulle - l'aventure a été quelque peu cocasse ! La voici en quelques dates et faits:

Après quelques semaines de frappe, relecture et correction, c’est l’envoi du manuscrit aux Maisons d’Editions, l’attente interminable des réponses, la série des lettres de refus toutes prêtes, les propositions des éditeurs à compte d’auteurs qui affluent.

Mai 2010 : la proposition du Coaching Littéraire – K.J. pour ne pas la nommer

Ils feraient baisser la garde des plus vigilants, avec leurs promesses affriolantes :

”VOUS ECRIVEZ
NOUS VOUS ACCOMPAGNONS JUSQU'A LA PUBLICATION DE VOTRE MANUSCRIT
NOUS TROUVONS AVEC VOUS LE BON EDITEUR.”

C’est tentant, on accepte, on paye... 980€, mais ça vaut le coup, il y a le livre publié au bout. Sauf qu’au bout il n’y a rien, pas grâce à eux en tout cas.

9 septembre 2010: réception d’une liste de contacts

Ils sont vite démasqués à partir de cette liste, qui est constituée de 20 Maisons d’Editions, qu’ils n’ont pas du tout démarchées en amont. La réponse des Editions Bragelonne le 22 septembre est édifiante dans ce sens:

”Nous ne recevons plus de manuscrits non sollicités depuis depuis mars 2009. je pense que votre "coach littéraire" ne s’est pas donné la peine de contacter notre directeur éditorial, le cas échéant nous aurions certainement pris le temps de lui expliquer que malgré les qualités de votre histoire, nous ne pouvions envisager un seul instant de publier votre travail chez nous. Cette personne devrait remettre en question ses méthodes.”

Loin de s’en excuser, ils se protègent derrière le droit à l’erreur:

c est une erreur de timing ...cela nous arrive parfois de faire des erreurs , comme à  tout le monde .  
tenez nous au courant si il y a d autres ratés  !”

Il y en a eu : le 22 septembre encore, une autre réponse me parvient, des Editions du Barbu : Je ne me souviens absolument pas avoir été contacté par votre "coaching littéraire" pour votre manuscrit. J'ai donc lu le résumé de "Le grain de Riz". Je suis désolé mais le sujet abordé ne correspond pas à ma ligne éditoriale. Il aurait suffi à votre "coaching littéraire" d'aller sur le site des éditions du Barbu / EdB pour s'en apercevoir.”

Je pense avoir le droit alors de perdre patience, je fais un mail au Coaching:Vous allez me dire qu’il s’agit encore d’une erreur ? Je les ai payées cher vos erreurs. Je ne m’étais pas engagée avec vous pour constater que je suis en fait entrée dans une ARNAQUE incroyable mais VRAIE…”

Le reste de mon enquête confirme qu’aucun travail n’a été fait - voir fichier ci-contre enquete-coaching.pdf enquete-coaching.pdf

Le 25 septembre j’obtiens les excuses de KJ et le 07 octobre 2010 un remboursement de la moitié de la somme.

MORALE :

Ne pas toujours croire aux belles paroles – J’espère que ce récit servira à chacun d’éviter de tomber dans des pièges similaires.

De cette histoire, il me reste Fiche de lecture par le coaching littéraire (224.98 Ko)

 

Les Editions Meunier Bernadette entrent en scène

Février 2011: signature de contrat- Le grain de riz est publié en avril.

Sur le livre, il est mentionné date de publication "avril 2010", c'est une erreur.

Avril 2011:interview par DévorBook (voir ci-dessous) qui a également chroniqué le roman.

Très rapidement les relations entre l'auteur et l'éditeur se détèriorent, en raison d'une incompétence évidente de celui-ci due à un manque de moyens. 

Quelques livres sont vendus tant bien que mal, environ une cinquantaine.

Janvier 2012: MB annonce dans un premier temps que ses auteurs n'iront pas au salon du livre à Paris en mars, et peu de temps après rompt le contrat avec certains de ses auteurs, en raison d'une restucturation de sa ligne éditoriale. Le grain de riz est conservé.

Mars 2012: contrat rompu entre l'auteur et l'éditeur en raison des incompatibilités relationnelles.

Avril 2012: MB cesse son activité.

Interview par DévOrBook - avril 2011

SexyV : Tout d'abord, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs en quelques mots ?

Marlène : J’ai 49 ans. Je suis mariée. J’ai 3 enfants : 2 filles de 18 et 15 ans et 1 garçon 10 ans ½. Je suis assistante commerciale dans une société de gestion. J’adore écrire et lire.

SexyV : Comment êtes-vous venue à l'écriture ?

Marlène : J’ai toujours aimé ça. Petite fille, j’aimais lire. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. J’ai voulu un jour passer de l’autre côté. Tout est parti d’un livre que je n’ai pas aimé sauf la fin.

SexyV : « Le grain de riz » est votre premier roman publié. Conte de fée ou parcours du combattant ?

Marlène : Je dirais plutôt : un challenge. J’ai eu une idée, j’ai ouvert une page Word et j’ai commencé à écrire. Lorsque j'ai annoncé à ma famille que j'écrivais un livre, je n'avais rempli qu'une page. Du coup je me suis dit : « Si je le dit, je le fait ! ».

SexyV : Pouvez-vous me raconter une de vos journées type quand vous écrivez ?

Marlène : Je travaille à plein temps. Quand j’ai écrit le « Grain de riz », j’écrivais partout : pendant ma pause de midi, dans le métro, chez-moi le soir au lieu de regarder la télé.

SexyV : Avez-vous des influences littéraires ?

Marlène : Non, je n’ai pas d’influences littéraires, mais plutôt un domaine : le paranormal. Je lis tout ce qui touche au paranormal. C’est un domaine qui me passionne.

SexyV : Avez-vous un plan précis quand vous écrivez, ou bien est-ce que vous vous laissez guider par votre plume ?

Marlène : Je n’avais pas de règles quand j’écrivais « le grain de riz ». Les idées venaient comme ça sans être construites. Je notais toutes les idées qui me passaient par la tête et j’ai construit le roman au fur et à mesure que j’écrivais les chapitres. Je n’avais pas de plan.
Par contre, pour mon prochain roman, je me suis imposé une ligne directrice.

SexyV : Combien de temps avez-vous mis pour écrire « Le grain de riz » ?

Marlène : 6 mois à partir du jour où j’ai dit que j’allais l’écrire et que je l’ai envoyé aux maisons d’éditions.

SexyV : Quels sont vos projets à court et long terme ?

Marlène : Tout va dépendre de la chance que l’on va me donner avec ce premier roman. C’est mon rêve qui se réalise.

SexyV : Pour finir, que diriez-vous à un futur lecteur pour lui donner envie de se plonger dans « Le grain de riz » ?

Marlène : Je lui dirais : « On vit dans un monde où une chose grave peut arriver à n’importe qui n’importe quand. On dit toujours que les gens nous entendent quand ils sont dans le coma. J’ai envie de montrer aux gens ce qui se passe « peut-être » lorsque les personnes sont dans le coma. Donc, lis ce livre et tu pourras voir par toi-même ce qu’il y a derrière cette barrière. »

SexyV : Comment avez-vous eu l’idée du titre ?

Marlène : Au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue plusieurs idées de titres me sont venues :

7 ans à mi-chemin
L’avant-dernier voyage
Les gens du NetThing
Mais finalement, l’idée de nommer mon roman « Le grain de riz » m’est venue lorsque ma fille ainée m’a offert en cadeau un grain riz enfermé dans une pastille plastifiée sur lequel était écrit : « Je t’aime maman ». Ce cadeau m’a suivie tout au long de l’écriture du roman et ça m’a donné l’idée de l’inclure comme un symbole dans le livre.

Anne RICE - Je ne me verrai pas retracer l'historique du Grain de Riz sans un mot pour Anne Rice, en voici la raison

Petit rappel sur la biographie de Anne Rice:

    Anne Rice est une célèbre auteure américaine, on lui reconnait parmi ses nombreux succès "Entretien avec un vampire", "L'épreuve de l'ange"... Actuellement la vente de ses livres est proche de    100 millions d'exemplaires, ce qui fait d'elle un des auteurs les plus lus des temps modernes...
    Plus d'un million de personnes la suivent sur Facebook.
    ...........

    Un jour, alors que j'étais en recherche d'éditeur, j'ai vu un article sur Anne Rice dans un journal. il y avait une adresse mail pour la joindre. je lui ai envoyé un message pour lui poser des  questions sur son parcours, lui demander des conseils... et elle m'a répondu. juste après nous avons eu quelques échanges de mails.
    Je m'étais promis de la tenir au courant si 'Le grain de riz' trouvait son port d'attache, je lui ai donc fait un mail en septembre. Et elle, toujours aussi disponible et sympathique, m'a    remerciée par retour immédiat de mail, en me proposant de publier la nouvelle sur son mur Facebook...
    Voici ci-dessous notre échange de courriels,

2011/9/12 Marlène Laffarge MLA@sparinvest.fr wrote:

    Dear Anne,
     
    You probably do not remember me; I sent you a question last year to which you kindly took time to answer. For your reminder I forward here below the exchange of mails we had for this    occasion.
    Since then I promised myself to let you know about my advancements in my writing projects. It could have never come, but it did… and I am glad to tell it to you about it:
    My work “Le grain de riz” has been accepted by a publisher, Meunier Bernadette, who takes everything in charge without claiming one single euro to me, and I am now happy that my first project    became something.
    Sales are slowly beginning, and my book will be distributed at a national level as from October. Success will not come so easily, anyway my achievement in this work is done, and I am happy for    this fulfillment.
     
    I will always remember your precious help by answering to my requests; thanks to this I had avoided to sign too quickly a contract with a non-reputable publisher.
     
    I wish you all the best for a continuation of your success.
    Very truly yours,
     
    Marlène Laffarge
    ........

Sa réponse:
    From: Anne Rice
    Sent: lundi 12 septembre 2011 17:27
    To: Marlène Laffarge
    Subject: Re: Info from a new author in France - Paris

    Thanks for writing, and I am glad to hear that things are going 
    well for you, very glad.  Come to the Facebook page and post a 
    link to your book for People of the Page.  See the link below.  
    Take care, Anne. 
http://www.facebook.com/pages/Anne-Rice/66435815451

    Et une fois que j'ai posté les informations sur le grain de riz sur son mur FB, elle m'a souhaité la bienvenue en commentant mon lien sur son mur par ces quelques gentils mots :
« Welcome, Marlene. We wish you every blessing with your new novel. Keep us posted on your success. »

MERCI Anne, oui c'est avec plaisir que je vous tiendrai au courant...

Reprise de mon stock - Laissez-vous tenter

Avril 2011, j'ai racheté mon stock restant à MB, et depuis je vends moi-même "LE GRAIN DE RIZ".

J'ai ainsi écoulé 200 livres en six mois.

 

Remerciements & dédicaces

Un grand merci à mon noyau familial :

-      Mon mari qui m’a toujours soutenue en me disant que j’allais y arriver,

-      Ma fille Audrey pour son grain de riz, talisman et porte-bonheur,

-      Ma fille Kelly, qui voulait que je finisse au plus vite pour présenter mon roman en classe,

-      Mon fils Thibaut qui m’a déclaré vouloir être éditeur quand il serait grand, pour m’éditer.

 Un merci particulier à mon frère Curd, pour avoir illustré le grain de riz..

A ma mère, partie beaucoup trop tôt : « De là où tu es, je sais que tu suis toujours ce que je fais, et si le grain de riz a germé, c’est aussi à toi que je le dois ».

A mon beau-père, qui a connu le même état que Mariette même si c’était peu de temps. « Mais tu n’es pas revenu nous dire si son univers existe ».

La 4ème de couverture / Le préambule

Richard voit sa vie s'effondrer lorsque sa femme, Mariette, tombe dans le coma à la suite d'un accident. Par miracle le bébé qu'elle attend n'a rien, et la grossesse se poursuit alors que le coma de Mariette se prolonge. Richard en est soulagé malgré qu'on lui apprenne que son bébé est atteint d'une anomalie. Quelle n'est pas sa surprise, à la naissance de sa fille, de constater que la médecine s'est trompée : celle-ci est normale...

Mais une mauvaise surprise l'attend qu'il découvrira alors que sa femme ne se réveille toujours pas: sa fille ne parle pas.

Un jour que je commentais un livre que je venais de finir de lire et que je lui envisageais une tournure autre pour le rendre plus captivant, mon mari m’a demandé pourquoi je n’écrirais pas.

L’idée a fait son chemin, et sans réfléchir à un sujet particulier j’ai rempli une page… Une femme se fait renverser…
Le reste a coulé tout seul, associant une réalité malheureusement fréquente, et un thème que j’affectionne, le monde de la communication spirituelle. Cette combinaison entre le réel et l’imaginaire donne ce que je laisse le soin au lecteur de découvrir au travers du ‘grain de riz’, je pense que tout comme moi il aimera croire que tout peut se passer comme ça dans ce monde entre la vie et la mort.

Le titre m’a été inspiré par un cadeau reçu. Tout en lui donnant une place privilégiée dans mon roman, il me permet de faire un clin d’œil à mes origines asiatiques.

synopsis en anglais

Mariette is devastated when she gets the results of the tests that she has been waiting for so anxiously. The unborn child inside her is indeed suffering from an abnormality.  Although she has not told her husband about the tests, she can no longer conceal the truth. But, while searching in her handbag for her mobile phone so that she can call him, she is so overcome with emotion that she forgets where she is and steps out into the road without looking. The impact is instant…. Richard sees his life falling apart when he learns that his wife has fallen into a coma following an accident, but his hope revives when he is told that by some miracle the baby has escaped unharmed. He has just enough time to take this good news on board when, in the confusion, someone asks him if he wants to keep it. He who previously knew nothing of the baby’s condition must now decide its future alone. He hopes the choice is the right one. Mariette’s coma continues and in this in-between state where she finds herself, she will meet other people in the same condition as herself and develop a powerful spiritual communication with the foetus growing inside her. Months pass, the pregnancy reaches term, labour is induced and the baby is born…normal. Richard is very happy despite the fact that his wife has still not woken. But he will face another unpleasant surprise in the months ahead: his daughter is mute…

Pourquoi ce titre ? Je dévoile la raison

Le riz symbolise la richesse, la profusion, donc la vie quand on en a.

Inversement il symbolise la pauvreté, le manque, la mort, quand on en manque.

Dans cet entre-deux qu'est le coma, entre la vie et la mort, la personne a le droit de décider de son sort : partir, ou revenir, en fonction de la gravité de son état. Et c'est un grain de riz qui va lui permettre de faire ce choix crucial.

Pour rappel de l'histoire: Mariette est renversée par une voiture, et tombe dans le coma...  

  - Ce boîtier t’a été remis à ton arrivée ici. Chacun de nous en détient un. Regarde    maintenant ce que tu vois dessus.  

   Mariette fouilla fébrilement ses poches, et en ressortit la fameuse    petite boîte. C’était un petit rectangle noir, de la taille d’une boîte d’allumettes. Elle le regarda sous tous les angles, comme si elle le voyait pour la première fois. D’ailleurs c’était tout    comme…quand elle l’avait découvert elle n’y avait pas prêté grande attention, et voilà qu’elle avait tout à coup le sentiment que cette drôle de chose détenait le secret de son devenir…  

 Le tenant du bout des doigts comme s’il la brûlait, elle le tendit à    Pierre-Yves.  

 -    Tu vois, là ?...Il semblait avoir l’habitude, il n’eut pas besoin de    l’étudier avant de se prononcer – tu as deux boutons. L’un porte un « M », l’autre un « V ».  

 Mariette regarda les petites touches que Pierre-Yves lui montrait,    les étudiant avec beaucoup d’attention. Elles étaient minuscules. Par leur couleur, leur forme et leur taille, on eût dit deux grains de riz côte à côte. Deux petits ovales en relief, identiques    mais différents dans leur fonction. La lettre qui se dessinait sur chacune d’elles aurait dû être presque illisible du fait de la taille des touches, mais elle remplissait l’espace de façon    totalement évidente.  

 -    « Mort » et « Vie », devina Mariette dans un souffle.  

 Elle se sentit soudain euphorique.  

 -    Autrement dit c’est…c’est moi qui décide ?  

 Elle avait cependant posé la question avec l’hésitation de celui qui    n’ose pas croire à ce qu’il entend.  

 -    Oui, lui confirma Pierre-Yves. Non seulement tu choisis, mais en plus tu appuies    quand tu le souhaites. C’est pas beau le progrès ? s’écria-t-il sur le ton de la plaisanterie pour détendre une atmosphère plus pesante de seconde en seconde. Mais attention, continua-t-il,    soudain plus sérieux en constatant que Mariette semblait attirée par les touches comme un aimant, quand tu auras validé ton choix tu ne pourras plus revenir en arrière. C’est un peu comme quand    tu te déconnectes d’une partie de jeu…Sauf que ce n’est pas un jeu.  

 Mariette ne l’entendait plus. Ses yeux étaient rivés sur les    minuscules touches… sur l’une d’elles pour être précis… Elle réfléchit à toute allure :  

 « La voilà la réponse à mes questions. Il suffit que j’appuie là, et je vais me réveiller.»

 

 

 

Un extrait

Sa femme, comme lui d'ailleurs, gardait toujours sur elle le numéro d'une personne à contacter en cas d'urgence, c'est ainsi que l'un des pompiers l'avait appelé. Il se souviendrait toujours de cette voix condescendante qui lui annonça que sa femme venait d'avoir un accident. Il lui avait aussitôt hurlé des questions dans le combiné, mais l'homme à l'autre bout du fil était resté calme, lui disant qu'il ne pouvait pas en dire plus, et qu'ils allaient transporter sa femme à l'hôpital Saint-Joseph*.
La distance à parcourir pour s'y rendre n'était pas très grande, mais les 15 minutes qu'il passa sur le siège passager lui semblèrent durer un siècle. Ses jambes s'entrechoquaient nerveusement, il se dévorait les joues d'angoisse, il tournait la tête dans tous les sens comme si ce simple geste allait avoir le pouvoir de pousser toutes les autres voitures qui gênaient leur circulation. Le chauffeur ne tenta pas de lui faire la conversation, et il lui en fut reconnaissant. Tirant un billet de 20 euros de son portefeuille, il le laissa tomber sur le siège libre de devant et sortit en trombe du taxi avant même qu'il ne se soit complètement arrêté, faisant signe qu'il ne voulait pas de sa monnaie.
C'était maintenant un homme les cheveux en bataille et la chemise trempée de sueur qui s'adressait aux urgentistes qui prenaient en charge la blessée.
− Je suis son mari. Que s'est-il passé ?
− Elle a été renversée par une voiture. D'après des témoignages, elle est retombée sur le dos et s'est violemment heurtée la tête.
− Est-ce qu'elle est...
− Inconsciente, mais elle est vivante, l'interrompit l'un d'eux.
 Ils l'écartèrent poliment mais fermement de leur passage :
− Maintenant poussez-vous s'il vous plaît, vous nous gênez dans nos mouvements ; allez dans la salle d'attente, vous aurez des nouvelles tout à l'heure.
 Le brancard fut poussé à vive allure en direction du bloc opératoire. Impuissant, Richard le regarda s'éloigner.
− Elle est enceinte, cria-t-il à leurs dos, mais ils n'entendirent pas.
 Désemparé, il se dirigea vers la salle d'attente des urgences. Celle-ci était pleine de monde, mais il ne voyait personne, il nageait dans un brouillard d'angoisse. Il se laissa tomber sur une chaise mais se releva aussitôt pour faire les cent pas dans le couloir, ne tenant pas en place. Il alla se chercher un café qu'il trouva infect, mais à peine l'eût-il avalé qu'il s'en servit un autre, puis encore un autre. Il avait besoin de tuer le temps, sinon il allait devenir fou.
Après ce qui lui sembla des heures, un médecin qui lui parut bien jeune s'avança vers lui :
− Vous êtes le mari de la jeune femme qu'on vient d'amener ?
 Cela ressemblait plus à une entrée en matière qu'à une véritable question. Richard lui répondit d'une voix aigüe :
− Oui. Comment va-t-elle ?
− Il est encore trop tôt pour se prononcer. Mais elle a subi un important traumatisme crânien. Elle a plusieurs fractures mais ce n'est pas ça le plus grave, nous sommes en train de lui faire des radios pour voir s'il y a des lésions internes. Tout ce que je peux vous dire de sûr pour l'instant, c'est qu'elle est dans le coma.
 Richard le regarda, anéanti.
− Elle attend un bébé, dit-il, comme si cela aurait le pouvoir de lui faire retirer ce qu'il venait de lui dire.
− Nous le savons, elle avait son dossier médical avec elle lorsqu'elle a été transportée ici. Cela nous a permis de vérifier l'état de santé du fœtus. Il va bien.
 Richard parut tellement soulagé que le jeune médecin eût du mal à trouver les mots qui convenaient pour lui annoncer la suite.
− Cependant..., commença-t-il.
À son air navré Richard fut alarmé.
− Quoi ? Que se passe-t-il ? Il y a un problème ?
− Euh, les résultats du caryotype qu'elle venait de récupérer confirment l'anomalie chromosomique dont il est question dans l'échographie qu'elle avait faite précédemment, dit-il d'une traite.
 Avant que Richard n'ait le temps de réagir il enchaîna :
− Il fallait que je vous le dise.
 Richard le regarda sans comprendre :
− De quoi me parlez-vous ?
− Comment...vous... vous n'étiez pas au courant ?
 Richard eut soudain l'impression que ses épaules pesaient trois tonnes. Il regarda le médecin en secouant la tête désespérément.
Non, ce n'était pas possible ! Pas deux malheurs dans la même journée ! qu'avait-il fait pour mériter ça ?
La voix du médecin se fit de nouveau entendre :
− Nous avons besoin de savoir une chose, avança-t-il timidement.
 Hébété, Richard le regarda sans le voir.
− Désirez-vous que nous interrompions la grossesse ?
− ...
− Monsieur ?
 Richard cligna des yeux en secouant la tête, comme pour sortir de sa torpeur.
− Désirez-vous que nous interrompions la grossesse ? répéta celui que Richard aurait préféré ne jamais avoir devant lui.

Commentaires (1)

lou ann
  • 1. lou ann | 10/12/2012
Bonjour
Votre histoire est édifiante, je crains malheureusement que vous ne soyez pas la seule dans ce cas.
Pourquoi ne pas vous lancer dans l'auto-édition de votre ouvrage en numérique ? Même si l'apprentissage n'est pas aisé, au moins aurez vous la satisfaction de ne pas vous faire arnaquer . Il est assez simple d'apprendre à le faire aujourd'hui. Il y a des forums qui vous donnent les informations nécessaires pour vous lancer, et des aides qui nous arrivent grâce à des personnes expérimentées , et cela gratuitement ..J'ai actuellement la chance d'en bénéficier.. Si , cela existe ...Bien cordialement . Lou-Ann

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Date de dernière mise à jour : 02/02/2015